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Comment s'organise une médiation ?

Qu’est-ce qu’une médiation ?


Une médiation est un processus de création ou de recréation de la communication entre deux ou plusieurs individus, deux ou plusieurs groupes de personnes en vue de contractualiser un ou plusieurs engagements.


Pour se réaliser, cet espace implique du temps, de la sécurité, de l’écoute et la libre adhésion des participants, réunis autour d’un objectif commun.


Elle permet l’accueil des différents points de vue en présence, alternant des phases d’écoute individualisées et des temps d’échanges en groupe.


Pour réaliser une médiation, plusieurs principes sont à observer au préalable :


1. Processus


Il est important de souligner qu’une médiation est un processus, c’est-à-dire un échange qui implique une évolution des parties de façon individuelle ou collective. Laisser le temps aux différentes parties de s'engager dans ce processus est fondamental pour conduire une médiation à succès.


2. Pluralité de point de vue


Appelées "carte du monde", "croyances" ou "vision", le médiateur doit garder à l’esprit de façon préalable que du point de vue de chaque partie en présence, sa vision est correcte, justifiée, vraie ; pour celui ou celle qui la porte.


Le rôle du médiateur consiste à trouver l’élément commun ou fédérateur entre les visions des parties : un objectif.


Nota bene : Plus les parties en présence viennent d’univers différents, de cultures différentes, plus elles ont été opposées longtemps ou plus l’affrontement a été traumatisant, et plus il est important de ramener cette recherche du commun autour des besoins fondamentaux de l’être humain :


  • Physiologie : intérêt autour d’un bénéfice physique (tel que l’argent, l’espace, les horaires).

  • Sécurité : pierre angulaire de tout échange, la médiation va venir restaurer ou créer un espace de sécurité pour les participants.

  • Appartenance : le travail de médiation va restaurer des liens de qualité entre les participants.

  • Estime : l’échange va permettre de redonner estime à l’un et à l’autre des participants.

  • Accomplissement : le processus de médiation représente l'obtention d'un bénéfice tangible pour l’une ou l’autre des parties et à fortiori, les deux.


3. Libre adhésion


Le succès d’une médiation se consolide quand les parties participent au processus de façon volontaire et parce qu’elles réalisent leur intérêt personnel dans le processus. Il satisfait leurs besoins. À tout moment l’une ou l’autre des parties peut refuser le processus ou le médiateur et abandonner la médiation.


4. Sécurité


Il est prépondérant que chaque partie en présence, y compris le médiateur, se sente en sécurité durant le processus. Tous les échanges sont confidentiels. L’espace et le temps donné à cet espace sont adaptés aux contraintes des uns et des autres. Le jugement est mis en vigilance, tout comme les actes de violence.


5. Définition de l’objectif


L’objectif est l’élément déterminant de la conduite d’une médiation. Son fil rouge, son axe. Cet objectif constitue un élément fédérateur entre les parties, un bénéfice, un rapport " gagnant-gagnant ".


Exemple : sortir d’une relation de tension, restaurer le dialogue, exprimer une parole douloureuse ou angoissante, instaurer une règle de fonctionnement au sein d’un collectif ou entre deux personnes.


6. Le médiateur


Est à la fois neutre et ferme. Il cadre les modalités d’échanges (les règles de partage), le temps et la fréquence des rencontres (le calendrier). Il ou elle fait respecter les engagements ou accords intermédiaires pris par les parties vis-à-vis de l’objectif principal.

Pour que la médiation fonctionne les parties en présence doivent impérativement valider respectivement le médiateur en fonction de ces compétences, de son expérience et du sentiment de sécurité qu’il inspire aux parties.

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