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Pourquoi avons-nous un mauvais usage de notre temps? (et comment y remédier)


Depuis les travaux de M Gardner sur les intelligences multiples (1983) et la pluie désormais constante d'études sur les neurodiversités (11.000 articles / an), nous savons que chaque fonctionnement cérébral est résolument unique.


Il existe autant de façons de percevoir, d'apprendre et de comprendre le monde qu'il existe d'individus.


En ce sens, se référer à une norme pour qualifier les capacités d'un humain ou bien même, comparer deux humains l'un par rapport à l'autre, est un réflexe plus souvent limitant qu'utile.


Quand nous avons affaire à l'humain, il est donc bon de s'équiper de curiosité (et. donner soin) et de patience (et. science de la paix).


Mais aussi et surtout d'utiliser la notice, quelques exemples :

Une personne dont l'intelligence spatiale est très développée, se représente les informations en carte ou en frise chronologique. Elle a des difficultés à comprendre une information quand elle n'est pas placée dans un contexte spatio-temporel.


Une autre, dont le canal logico-mathématique est intense, construit mentalement des séquences graduelles, des ratios, des méthodes logiques. En absence de critères quantifiables et d'objectifs factuels, la personne peut se sentir envahie et débordée.


Une autre enfin, construite majoritairement autour de l'intelligence intrapersonnelle, a régulièrement besoin de s'isoler physiquement et se couper des stimulis extérieurs, pour dégager un sens propre à ce qu'elle perçoit.


C'est parce qu’il existe une multiplicité de voies d'accès à la compréhension, que de nombreux courants pédagogiques (ex : Dolto, Freire, Freinet, Piaget, Pestalozzi...) mettent à disposition de façon libre, outils, matériels, espaces pour que la petite personne aille naturellement vers le canal qui lui semble le plus familier.


Nous pourrions simplement aussi comprendre que le mental humain s'est construit essentiellement pour appréhender les deux grandes constantes physiques naturelles : la distinction et l'interconnexion.


La constante de distinction signifie simplement que l'univers est constitué de corps, ou de choses séparées les unes des autres.


Elle se retrouve dans la mathématique et la géométrie du vivant, du Diatom à la galaxie. Elle est étudiée en physique à travers la notion de "gravité" et en psycho-sociologie par la notion d'intégrité.


C'est l'espace de la matière, des choses, du fonctionnement des corps, du monde visible.

Chez l'humain, la partie mentale en charge du décodage "scientifique" du monde est nommée "laminaire" et est associée généralement au fonctionnement de l'hémisphère gauche du Néocortex.


Cette activité cérébrale "SCIENCE" (et. latine "savoir", et. indo-européenne "séparer") analyse les chiffres, les mots et les "choses", car son rôle est de comprendre ce qui a été (passé) pour anticiper ce qui sera (futur).


Pour résumer, cette partie mentale "gauche", fonctionne en recul analytique et projectif et identifie la réalité en "choses séparées".


En complément de cette dynamique de "distinction", la constante "interconnexion" est constituée par le mouvement et "l'inter-relation" permanente et infinie entre tout. C'est l'énergie du lien, de la dynamique inter-relationnelle, de l'invisible.


Cette essence "unie" de l'univers fût désignée à maintes reprises depuis la Grèce antique jusqu'à Nicolas Tesla comme "ether" et trouve une similitude de définition dans le concept de "systémie" en biologie, "d'amour" en théologie ou "d'intrication" en physique quantique.


La partie néocorticale qui appréhende la dynamique d'ensemble et cette essence "complexe" de l'univers, est l'hémisphère droit. Pour ce faire, elle s'enracine dans l'intuition, la mémoire, les sensations et les émotions. C'est l'activité SENS (et. aller).


À gauche donc, notre côté scientifique décortique et perçoit le monde en "choses séparées", tandis qu'à droite notre côté "shaman" n'est qu'un avec un "tout unifié".


La complémentarité de ces opérations de fragmentation (à gauche) et d'association (à droite), se retrouvent dans l'ensemble de l'activité humaine depuis la musique (tempo / mélodie) jusqu'à la littérature (mots / récit).


Dans cette période post Covid, marquée par les incertitudes et de profonds bouleversements, un même besoin s'exprime de part et d’autre des entreprises publiques et privées que nous rencontrons : les besoins de communication et de sens.


Ces deux besoins sont intrinsèquement liés et témoignent d'une même réalité : voilà bien longtemps que nos besoins mentaux sont principalement alimentés par du gauche, du chiffre, de la raison et du temps.


Or, notre partie mentale rationnelle ne peut nous dire d'une situation ou d'une idée qu'une appréciation statistique, un recul, une analyse. Une comparaison de plus et de moins.

Pour évaluer un impact humain et sensible par exemple et en particulier travailler des questions de sens et de communication, il faut allumer l'autre partie également, la partie droite.


En effet, l'activité SCIENCE (chiffre, rationnelle, analytique) a besoin de faire SENS (impact humain sensible et émotionnel). Et pour ce faire, il faut laisser sa place au troisième et dernier élément de l'appareil, la CONSCIENCE, c'est-à-dire l'attention.


En cas de déséquilibre des fonctionnements hémisphériques, c'est-à-dire, si nous baignons dans un univers trop dominé par le chiffre ou bien par l’émotion, la fatigue apparaît. Pourquoi ?


Car nous n'aurions qu'un rapport oppressant au temps :

Si nous ne vivions qu'en utilisant notre partie gauche du néocortex, si nous passions la majeure partie de notre temps à parler, calculer, anticiper ou analyser, notre rapport à la réalité ne se limiterait qu'à ce qui peut se compter : les choses, les tâches, les minutes.


Le temps pourrait alors se réduire à celui de l'horloge, un décompte plus ou moins stressant entre passé et futur, entre ce qui n'est plus et ce qui sera peut-être qui prendrait souvent la forme d'une course entre la nostalgie d'un passé (à fuir ou à retrouver) et l'anxiété d'un futur souhaité ou non.


À l'inverse, si nous passions notre temps majoritairement du côté droit, c'est-à-dire dans l'émotion ou l'intuition, notre temps ne serait que du présent. Par faute de prise de recul analytique ou anticipé, nous pourrions avoir la sensation d'être ballotés de changement en changement dans une obligation d'adaptation permanente.


Comment faire pour équilibrer ? (quelques exemples) : L'équilibre au quotidien consiste à construire nos agendas entre "temps gauches", foncièrement passé/futur, et "temps droits", du présent.


Pour "mettre du présent", rien de plus simple (à condition d'y penser) : grappiller chaque occasion, seconde, minute, moment de la journée pour faire intervenir l'hémisphère droit, quelques exemples :


- Contempler (la lumière, les passants, les feuilles, les traits d'un visage, les reliefs du paysage...). Juste observer et être là est une méthode efficace pour expérimenter "l'ici et maintenant".


- Concentrer notre attention (sur une tâche, sur un de nos sens, sur notre respiration...). Avez-vous déjà remarqué à quel point "le temps passe vite" quand nous sommes complètement accaparés à ce que nous faisons ?


- Apprécier, célébrer, aimer (une situation, un visuel, une musique, un échange...). À la fameuse "philo-sophie" (et. amour de la sagesse), certains courants orthodoxes russes préfèrent la "philo-calie" (et. amour du beau), le fait de focaliser notre attention sur les belles choses de la vie.


Pour mettre du "temps gauche", quelques gymnastiques quotidiennes :

- Observer les faits : Qui parle ? Quels mots sont utilisés ? Quand cela se déroule-t-il ? Où cela se déroule-t-il ? Combien de temps cela se déroule-t-il ?


- Interroger les besoins cachés derrière les émotions : qu'est-ce qui cause la rigidité (peur : danger, besoin d'info) ? L'opposition (colère : sentiment d'injustice, besoin d'écoute) ? Le "j'm'enfoutisme" (tristesse : sentiment de perte, besoin de réconfort) ?


- Compter (les pas, le nombre de marches, le temps nécessaire...). Notre mental apprécie souvent que nous délimitions nos activités dans un temps donné. Cela l'aide à anticiper, organiser et prendre du recul sur ce que l'on a fait et ce qui reste à faire.


En conclusion :


Comme le disait Albert Einstein, le temps est relatif. Son existence repose beaucoup sur la sensation qu'il nous donne à ressentir. Souffrance, incommodité et "prises de tête" tendent souvent à nous le faire sentir comme "long". Plus le temps est "long" et désagréable, et plus nous ressentons "l'urgence" d'en sortir : nous avons la sensation de ne plus avoir de temps.


Quand le sentiment d'urgence nous habite, soit s'active l'analyse pour "résoudre les problèmes" (hémisphère gauche), soit s'active le ressenti pour faciliter l'adaptation fluide (hémisphère droit) : Cercle vicieux de rumination ou de dispersion en perspective.


Pour reprendre un peu la main sur notre fonctionnement mental et nous sentir un peu plus en équilibre entre ces "temps de temps" et ces "temps sans temps", laisser sa place au troisième et dernier élément de l'appareil, la CONSCIENCE.


Tour à tour attentif à ce qui se passe au dehors et à ce qui se passe en dedans. Attentif à ce qui peut se compter (les faits, les choses, les minutes...) et à ce qui ne peut l'être (amour, beauté, ressenti...), à mesure que nous alternons prise de recul et action, pensée et partage, se redessine notre équilibre mental.


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